FIÈVRE ATACAMA

Les salars solaires nacrés
Au pied des monts sacrés
Sont des miroirs où se reflè­tent
Des Incas à la fête

Peu­plant ces lieux de leur pres­tige
Bal­lot­tés par les vents
Ce sont des spec­tres des ves­tiges
Échos d’un autre temps

En quête de chemins de rêves
Qu’ils arpen­tent sans trêve
Comme aux siè­cles de leur splen­deur
Quand s’élevaient leurs heures

L’air est lourd sur ces hauts plateaux
D’ig­n­imbrite ten­due
De ces momies sus­pendues
Du fos­sile des eaux

Sur la car­casse de vigogne
Des con­dors sans ver­gogne
For­ment des cer­cles dans le ciel
Un astre démen­tiel

Le cratère miocène happe
Un silence mys­tique
Hante cette plaine sis­mique
Au loin un renard jappe

La pro­ces­sion du vil­lage
Lumière des vis­ages
De ven­tres affamés pri­ants
Et d’anges gémis­sants

Au sac­ri­fice pour l’Exemple
Les cimes ont sus­cité
Les trem­ble­ments du très-saint tem­ple
Et Christ ressus­cité

Il redescen­dra par les Andes
Une nuit de légende
L’observatoire à son per­choir
Le pre­mier à le voir

Antoine Sam­son-Mendes, La lyre du Chili

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